Le kératomètre de Javal : mesurer les rayons de courbure de la cornée
Le kératomètre de Javal mesure la courbure de la face avant de la cornée dans ses deux méridiens principaux. C’est un instrument ancien, mais toujours précieux : il donne en quelques secondes l’astigmatisme cornéen et son axe, et oriente le choix d’une lentille rigide.
Démonstration filmée par Lionel Bricard, formateur et membre du jury du BTS Opticien-Lunetier.
Ce que mesure l’instrument
L’appareil projette des mires sur la cornée et analyse leur reflet, la cornée se comportant comme un miroir convexe. En faisant tourner l’instrument, on repère les deux méridiens principaux — le plus cambré et le plus plat — et l’on lit pour chacun le rayon de courbure, en millimètres, ou son équivalent en dioptries. L’écart entre les deux donne l’astigmatisme cornéen, et l’orientation des méridiens son axe.
Le déroulement de la mesure
- Régler l’oculaire à sa propre vue, puis installer le sujet, menton et front bien calés, l’autre œil occulté.
- Centrer les mires sur la cornée et faire la mise au point.
- Tourner l’instrument pour s’aligner sur le premier méridien principal, puis ajuster jusqu’à ce que les mires se touchent : on lit le rayon et l’axe.
- Tourner de 90° et répéter pour le second méridien.
- Noter les deux rayons, l’axe, et l’aspect des mires.
L’aspect des mires, une information à part entière
Des mires nettes et régulières traduisent une surface cornéenne régulière. Des mires déformées, dédoublées ou floues doivent alerter : film lacrymal instable, cornée irrégulière. Le kératomètre ne mesure qu’une petite zone centrale ; face à une cornée irrégulière, la topographie cornéenne prend le relais, et l’orientation vers l’ophtalmologiste s’impose si l’irrégularité est avérée.
Son usage en contactologie
En lentilles rigides, les rayons centraux orientent le choix du premier essai. Comparés à l’astigmatisme de réfraction, ils permettent aussi d’anticiper l’astigmatisme résiduel qu’une lentille rigide sphérique ne corrigera pas : l’astigmatisme interne, qui ne vient pas de la face avant de la cornée.
Les erreurs à éviter
- Oublier de régler l’oculaire à sa vue : la lecture est faussée.
- Mesurer un sujet mal installé, dont la tête bouge.
- Mesurer sur une cornée sèche : faire cligner avant la mesure.
- Confondre astigmatisme cornéen et astigmatisme total.
- Ignorer des mires déformées.
Pourquoi ce geste compte pour la VAE du BTS Opticien-Lunetier
Le kératomètre est un classique des questions de jury. Au-delà de la manipulation, on attend du candidat qu’il sache ce que l’instrument mesure — et surtout ce qu’il ne mesure pas : la face arrière de la cornée, le cristallin, la périphérie cornéenne.
Le cadre professionnel : ce que l’opticien fait, et ce qu’il ne fait pas
L’opticien-lunetier est un professionnel paramédical. Il utilise la tête de réfracteur, l’autoréfractomètre ou la lampe à fente dans le seul but de contrôler l’équipement et son adaptation, jamais pour établir un diagnostic. Le diagnostic, l’interprétation clinique et la prescription relèvent exclusivement du médecin ophtalmologiste ; toute observation inhabituelle conduit à une orientation. Savoir énoncer cette limite devant un jury de VAE n’est pas une faiblesse : c’est une preuve de professionnalisme.
Pour aller plus loin
La topographie cornéenne · La biomicroscopie à la lampe à fente · Les glandes de Meibomius · Contactologie et VAE
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Questions fréquentes
Que mesure le kératomètre de Javal ?
Il mesure le rayon de courbure de la face avant de la cornée dans ses deux méridiens principaux, ce qui donne l’astigmatisme cornéen et son axe. Il ne mesure qu’une petite zone centrale de la cornée.
Quelle différence entre kératomètre et topographe ?
Le kératomètre mesure les rayons de courbure d’une zone centrale réduite, dans deux méridiens. Le topographe cartographie la courbure de toute la surface cornéenne, point par point, et révèle les irrégularités que le kératomètre ne voit pas.
À quoi sert la kératométrie en contactologie ?
Les rayons de courbure centraux orientent le choix du premier essai en lentilles rigides, et leur comparaison avec la réfraction permet d’anticiper l’astigmatisme résiduel.
Que faire si les mires sont déformées ?
Vérifier d’abord le film lacrymal et l’installation du sujet. Si la déformation persiste, on ne conclut rien soi-même : on oriente vers l’ophtalmologiste, seul à pouvoir en rechercher la cause.
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