Urgences en ophtalmologie : reconnaître, orienter, ne pas retarder
Face à une urgence ophtalmologique, la question n’est jamais « qu’est-ce que c’est ? » — cela, c’est au médecin de le dire. La question est : est-ce que cela peut attendre ? Savoir reconnaître les situations qui ne souffrent aucun délai, et le signaler sans perdre une minute, fait partie du travail de l’assistant comme de l’opticien.
Formation Urgences en ophtalmologie, collyres et délais — EasyOpto.
Les signes qui imposent une prise en charge immédiate
- Baisse d’acuité brutale, uni ou bilatérale, indolore ou non.
- Douleur oculaire intense, surtout associée à un œil rouge, des céphalées, des nausées.
- Traumatisme avec plaie, corps étranger suspecté ou projection de produit chimique.
- Voile, rideau ou pluie de corps flottants d’apparition soudaine, avec ou sans éclairs lumineux.
- Diplopie brutale, ou déficit du champ visuel apparu d’un coup.
Le geste qui prime sur tout : le lavage
Devant une projection de produit chimique, le lavage abondant, immédiat et prolongé au sérum physiologique ou à l’eau prime sur tout le reste — y compris sur le fait de chercher à savoir de quel produit il s’agit. On lave d’abord, on interroge ensuite, on oriente immédiatement.
Ce qui peut être programmé
Toutes les rougeurs ne sont pas des urgences. Un œil rouge sans douleur ni baisse de vision, une gêne matinale, un larmoiement isolé, une petite lésion du bord palpébral relèvent le plus souvent d’une consultation programmée. Là encore, c’est le médecin qui tranche : le rôle de l’assistant est de transmettre des éléments précis pour que le tri se fasse vite et bien.
Les collyres : la question à ne jamais escamoter
Demander systématiquement ce que le patient a déjà instillé, et depuis quand. Un collyre pris avant la consultation peut modifier l’examen et masquer un signe. Aucun conseil de collyre, aucune recommandation de traitement ne relève de l’assistant ou de l’opticien : la prescription est un acte médical.
Ce que l’assistant transmet
- L’heure exacte d’apparition des signes.
- Le côté atteint et l’évolution depuis le début.
- L’acuité mesurée avant tout geste, si l’état du patient le permet.
- Les traitements instillés ou pris, avec l’heure.
- Le contexte : traumatisme, port de lentilles, chirurgie récente, pathologie connue.
Le cadre professionnel : qui fait quoi
L’opticien-lunetier et l’assistant de consultation sont des professionnels paramédicaux. Devant une urgence, leur rôle est de reconnaître les signes de gravité, recueillir les éléments utiles et orienter sans délai vers le médecin ophtalmologiste ou vers un service d’urgences. Aucun diagnostic, aucune prescription, aucun conseil de traitement ne relève de leur compétence. Bien orienter vite est le service le plus précieux qu’ils rendent au patient.
Pour aller plus loin
Assistant de consultation en ophtalmologie : le métier au quotidien · La pré-consultation : déroulement et actes délégués · Blépharite, orgelet, chalazion : comment les distinguer
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Questions fréquentes
Quels signes oculaires imposent une consultation en urgence ?
Une baisse d’acuité brutale, une douleur oculaire intense — surtout avec œil rouge, céphalées ou nausées —, un traumatisme ou une projection chimique, l’apparition soudaine d’un voile, d’un rideau, d’éclairs ou d’une pluie de corps flottants, une diplopie brutale ou un déficit du champ visuel d’apparition soudaine.
Que faire immédiatement après une projection de produit chimique dans l’œil ?
Laver abondamment et longuement au sérum physiologique ou à l’eau, immédiatement, avant toute autre chose — y compris avant d’identifier le produit. Puis orienter sans délai vers un ophtalmologiste ou un service d’urgences.
Un opticien peut-il conseiller un collyre ?
Non. La prescription est un acte médical. L’opticien et l’assistant doivent en revanche demander systématiquement quels collyres ont déjà été instillés et à quelle heure, car cela peut modifier l’examen.
Un œil rouge est-il toujours une urgence ?
Non. Un œil rouge sans douleur ni baisse de vision relève le plus souvent d’une consultation programmée. C’est l’association à une douleur intense, à une baisse d’acuité ou à un traumatisme qui fait basculer dans l’urgence — et c’est le médecin qui tranche.


